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Le gang des pastiches Inspiré par l’été, qui nourrit les plagistes, notre ego estival vient jouer les plagiaires. Il sert ce mois-ci, en quatre parts égales, une facétieuse série de pastiches. Bon appétit, bonne lecture, et bonnes vacances à tous.
Éloge du J’Go à la manière de… Daniel Herrero
J’ai longtemps arpenté les chemins d’Ovalie, respiré les remugles de ses crampons fangeux et risqué mon râtelier dans la pénombre camphrée de mêlées plus ou moins ordonnées. Naufragé volontaire sur des gazons ceints d’estrades colossales ou de rampes maigrelettes, j’ai connu la détresse et le bonheur, qui sont les propres de l’homme épris du cuir, et convoité cet Eden au-delà de la ligne, où s’accomplissent les rêves des braves. Le rugby comme rampe de lancement des utopies, m’a offert sur un plateau les clefs de la transcendance, et collé le besoin impérieux de transmettre ses préceptes aux âmes avides et vierges des minots de la rade.
Ne croyez pas que je verse, comme un gestionnaire ou un sponsor, dans ces allégories baveuses qui ne valent pas un fifrelin, mais la route du J’Go m’apparaît aussi douce que celle de mon ovalie aimée. Ces deux chemins de lumière célèbrent les émois bruts et intenses (ici dans la cuisine, là dans le vestiaire) qui scellent les amitiés indéfectibles ; glorifient les obscurs (ici les paysans, là les piliers), qui engendrent la grâce et libèrent les espaces, et forgent des frangins aux cœur vaillants et aux bras ouverts.
Chacun conserve, ça va de soi, ses mots, ses us et ses mystères. Il n’en reste pas moins que dans le menton tremblotant d’un talon argentin qui annone son hymne, résident la même ferveur, la même fierté, le même bonheur, que dans le menton mû par la mastication, d’un bonhomme chez qui une fourchetée de haricots ressuscite furtivement l’enfance, les aïeux et le pays natal.
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