|
Barbaque Obama Si j’étais grand, noir, élégant, populaire et président des Etats-Unis, je commencerais ma première journée de boulot par un petit footing devant les caméras. À 6 heures je monterais quatre à quatre les marches de la Maison Blanche dans un grand manteau bleu marine. Ma respiration saccadée projetterait des nuages de vapeur dans l’air glacé de Washington. Je m’engouffrerais sous le porche et me retrouverais assis au bureau ovale quelques secondes plus tard. À 7 heures, je règlerais définitivement par téléphone cette détestable affaire de gaz russe qui empoisonne la diplomatie européenne et caille les miches d’un paquet de pays de l’Est. À 7H30 une visioconférence éclair me suffirait à dissiper les malentendus entre Juifs et les Arabes, à faire tomber les murs et à rendre le sourire aux gaziotes. À 8H45 je regarderais tomber la neige de l’autre côté des carreaux jusqu’à 9H. À 9H10 je m’absorberais dans la lecture du New York Times et du Wall Street Journal. À 9H40 je lirais le Midol en ligne parce qu’il est difficile à trouver dans les kiosques de Washington. À 11 heures, un coup de bigo à Ahmadinejad pour lui échanger son envie de nucléaire contre une place VIP au concert de Britney Spears. Imparable. Midi, casse-croûte rapide en compagnie de conseillers ébahis par mon efficacité. 14H, un plan de paix pour le Zimbabwe.
15 heures, je convoquerais les présidents du G8 pour un tchat sur MSN et mettrais tout le monde d’accord pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. À 17 heures je me détendrais un peu en faisant une partie de Risk avec le chef de la diplomatie américaine. Il me laisserait gagner même s’il est plus fort que moi, parce que je suis quand même le président. Puis, avant de quitter mon bureau sur les coups de 19H, j’apercevrais un dossier oublié sur un fauteuil : celui du Roquefort. J’y découvrirais stupéfait qu’en représailles du refus des Français d’acheter du bœuf yankee aux hormones et du poulet douché à l’eau de Javel, le gouvernement américain taxe à 300% les importations de Roquefort. Alors je profiterais d’être le président d’un pays où la peine de mort subsiste dans certains états pour condamner à la chaise électrique le guignol qui a pondu ce texte absurde.
Oui. Définitivement. Si j’étais grand, noir, élégant, populaire et président des Etats-Unis, c’est exactement comme cela que j’accomplirais ma première journée à la tête du plus puissant pays du monde. Malheureusement je suis de taille moyenne, pâlot, gauche, inconnu au bataillon et même pas président d’une quelconque amicale. C’est bien dommage. Surtout pour le fromage de brebis au lait cru.
|