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Les alicaments, ces produits que l’industrie agroalimentaire veut faire avaler au monde entier en même temps que leurs hypothétiques bienfaits pour la santé, sont peut-être en voie de disparition. De peur de se voir refuser, par l’Agence Européenne de Sécurité des Aliments, le droit d’en vanter les mérites avec discours scientifiques fumeux à l’appui, plusieurs firmes internationales ont renoncé à vendre leurs yaourts antirides, leurs doses lactées immunostimulantes et leur margarine-amie-des-artères. Ça ne consolera peut-être pas les vignerons, qui ne peuvent toujours pas mettre en avant les bienfaits des polyphénols pour le système cardiaque sans passer pour de dangereux prosélytes, mais cela remet au moins les pendules à l’heure.
Les nutritionnistes rappellent d’ailleurs qu’en règle générale, moins un aliment est transformé, plus il a de chances d’être bon pour la santé. Ainsi, les fibres des fèves fraiches, les bonnes graisses du jambon de porc noir de Bigorre, les vitamines A, B et B9 des fraises et les gras monoinsaturés de la viande de canard - à la carte du J’Go - assurent-ils sans doute une meilleure santé que tous les alicaments du monde. Par bonheur, le J’Go n’est pas une clinique, et l’on peut s’y rendre coupable de petits écarts nutritionnels qui sont bons pour le moral. Mais que les amateurs d’alicaments se rassurent : si Danone retire des rayons son yaourt supposé « nourrir la peau de l’intérieur », le saindoux (qu’on utilisait jadis comme onguent pour protéger l’épiderme des agressions extérieures) est toujours en vente libre dans les pots de pastifret.
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