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Fait ici aussi
Cet automne la tournée du patron et la tournée des rugbymen de l’hémisphère sud en Europe ont eu sur nous les mêmes effets : un terrible mal de tête. Trop de jaja d’un côté, trop ou pas assez de jeu de l’autre. Dans les deux cas le même enthousiasme sur le moment et les mêmes regrets le lendemain. Passe encore le triomphe sans gloire du Vélodrome, passe encore la boucherie-cravaterie infligée au XV de France par les Iliens, mais la défaite face aux Australiens passe d’autant plus mal que nos amis kangourous inondent ces jours-ci le marché de la truffe de leur propre production de tuber melanosporum. Éclose sous les chênes truffiers de Manjimup, une cité du sud-ouest du pays profitant d’un climat sec et chaud l’été et humide en hiver, la tuber des antipodes vient ainsi grossir le rang des truffes étrangères forcément moins parfumées, moins belles et de moins bonne qualité que les nôtres. Je ne vois pas bien de quoi les Australiens se mêlent. D’abord du vin, maintenant des truffes… et pourquoi pas un jeu de passes et de mouvement ? Et pourquoi pas de l’intelligence situationnelle ? Qu’il est difficile de voir naître ailleurs ce que l’on pensait être les seuls à pouvoir produire. Qu’il est triste de voir les feuilles tapisser le bitume de nos villes quand l’été brûle les antipodes. Qu’il est pénible d’admettre que lorsque la France est au crépuscule, le soleil se lève aussie.
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