On dit souvent que la parole des anciens mérite respect et attention. On en parle parfois avec légèreté, sans conviction, comme un folklore, sans véritable intérêt, parfois pour faire le malin. Et pourtant ! Aujourd’hui où tout semble indispensable, nécessaire, où il nous faut tout et le plus vite possible, il nous manque peut être le plus important : le temps de la réflexion et le sens de l’essentiel. On cherche par tous les moyens à posséder ce que possède l’autre, ce que l’on nous incite à posséder, ce que l’on nous fait considérer comme indispensable. Tout est dans le paraître, dans une apparence que l’on veut montrer, exhiber, acheter à n’importe quel prix. A table on veut de tout, à n’importe quelle saison, à n’importe quel prix ; on se fout de la provenance, du goût, du savoir faire. Il faut que ce soit copieux, joli, surprenant, rare. Le reste on s’en fout un peu ! Pardon, je m’emporte un peu, mais tout ça me vient aujourd’hui parce qu’il y a quelques jours, un paysan qui flirtait avec ses 82 printemps me disait sous le tilleul où il allait tous les après midi, qu’il pleuve ou qu’il vente: « Tu sais moi tout ça…pourvu que j’ai un peu de bois pour me chauffer. »
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