Taxe Cambronne. C’est une loi immuable et universelle : quiconque est amené à exprimer régulièrement son point de vue court le risque de verser un jour dans le populisme. Le J’Go le sait, qui surveille la pertinence de l’Ego comme il contrôle la flamme de ses rôtissoires et la température de sa chambre froide. Il arrive pourtant qu’une critique facile échappe à notre vigilance, ou que la stigmatisation systématique d’une catégorie de la population (les technocrates de Bruxelles par exemple), nous rende aussi suspects que ceux que nous houspillons. Bien sûr, il suffit d’écouter François de Closet plaider pour que l’orthographe soit adaptée aux cancres plutôt que le contraire, d’entendre le plus haut représentant de l’État contester la pertinence du maintien de La Princesse de Clèves au programme des concours de l’administration, d’essayer de comprendre l’utilité de compenser la taxe carbone par une baisse de l’impôt sur le revenu ou de voir hier les syndicats appeler à une journée d’action unitaire « contre la crise » pour comprendre que l’Ego du J’Go est au populisme ce que le XV d’Andorre est au Tri Nations.
Je le dis donc sans retenue, par pur plaisir narcissique et pour rattraper mon retard en la matière: « la taxe carbone est une aberration, il y a trop d’étrangers dans le championnat de France de rugby, la cuisine gasconne est la meilleure de l’hexagone, la cuisine française est de loin la meilleure du monde, les technocrates de l’Union européenne veulent nous empêcher de manger du fromage au lait cru, si tu me donnes le salaire de Ribéry, je qualifie à moi tout seul l’équipe de France de foot pour la Coupe du Monde, les élus sont pourris, le 11 septembre est un complot et l’Homme n’a jamais marché sur la lune parce que les images d’Armstrong en apesanteur sont tournées rue Cognacq-Jay ». Voilà, c’est dit. N’en parlons plus.
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