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PAR MONTS ET PAR CŒURS
Les câlins des haricots
Le petit matin n’est pas forcément une heure propice pour savourer un cassoulet, tartine, beurre, confiture, thé ou café ayant codifiés nos réveils culinaires. Pourtant il était bien huit heures et pas de café ni de thé en vue, dans la douce chaleur de la cuisine du restaurant.
Poêles, marmites et fait-tout travaillaient déjà à ces mélanges des odeurs, goûts et saveurs que les mains expérimentées, passionnées et amoureuses des cuisiniers avaient préalablement pensés et préparés. La chaleur, la cuisson et le temps faisant tout le reste. Dans cette batterie d’ustensiles, seule une marmite semblait se reposer, douce quiétude après deux heures de cuisson.
Dans son ventre, plus de cinq cent haricots tarbais, ( à vue d’œil de vagabond), apaisés et repus, se préparaient à leur ultime mission : le mélange et l’accompagnement.
Car voilà bien là tout la finalité de l’histoire de ce féculent si particulier des terres tarbaises, il sait alors séduire les viandes qu’il accompagne, s’imprègne de leurs goûts, absorbe leurs parfums sans en perdre le sien.
Ma main ose alors en saisir un, encore tout tiède, avant son aventure galante avec un gigot. Sa fine peau cache à peine toute la tendresse que le toucher dévoile. Ma bouche, mon palet et ma langue découvriront le reste. Fondant, suave et sucré, il est à lui tout seul une caresse. Les caresses, comme les câlins, ne font que sublimer le plaisir. Les câlins des haricots donnent aux viandes qu’ils accompagnent, cette magie du goût que l’on devine, que l’on découvre, qui nous transporte. Où ? A chacun son chemin imaginaire et culinaire.
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