On reste parfois pétrifié par l’émotion devant un tableau de Goya, de Monet ou du Caravage. On se laisse parfois submerger par l’émotion face à une cathédrale, une petite église romane perdue au milieu de nulle part, une mosquée suspendue à un désert ou un temple bouddhiste édifié en pleine jungle.
Que serait ce monde sans la beauté, la grâce, cet équilibre infini, cette relation nourricière entre les êtres et les choses.
La nourriture aussi un de ces liens à la vie, au passé, à la mémoire, à l’émotion. Manger est un acte quotidien de vie, s’alimenter est nécessaire. Un sixième de l’humanité ne mange pourtant pas à sa faim. Pouvoir manger tous les jours est presque une chance, un de ces privilèges qui devrait être la normalité pour tous. Alors quand on a en plus la possibilité de se nourrir de bonnes choses, d’aliments naturels, de produits simples mais savoureux, quand le goût reprend le dessus sur la quantité et l’insipidité des choses, on se doit de le respecter, de le préserver, de le défendre.
Ce matin, en passant dans la cuisine du restaurant, il y avait déjà sur le feu une casserole qui faisait cuire lentement, à feu très doux. La chose en soi est banale mais la vision fut magique, de grâce.
De l’ail était entrain de confire dans de la graisse de canard. Les gousses, se gonflaient et s’imprégnaient de tous les arômes et toutes les saveurs de cette graisse. Une lumière et des couleurs dorées s’échappaient de la casserole comme dans ces livres magiques que l’on ouvre avec des yeux d’enfant.
Tout simplement de l’ail confit.
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