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Voilà donc le repas gastronomique français inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, au même titre que le symbolisme des croix en Lituanie et le carnaval bolivien d’Oruro (lauréat 2001), le Lakalaka du Tonga (2003), la danse Vimbuza du Malawi ou les polyphonies bulgares (2005).
À la lecture de ces patrimoines piochés au hasard dans la liste officielle de l’Unesco, je mesure l’étendue de mon ignorance en matière de machins culturels impalpables, à moins que cela ne dise rien à personne, ce qui justifierait d’ailleurs les actions engagées par la communauté internationale en faveur de ces pratiques en danger. D’ailleurs, si l’on en croit la définition donnée par l’Unesco itself, le repas gastronomique français est effectivement en voie de disparition, puisqu’il concerne celui qui « commence par un apéritif et se termine par un digestif, avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert. »
Il n’y a guère que chez les mamies qu’on respecte encore chacune de ces étapes, les jours de fêtes sonnées ou de victoire du XV de France sur les angliches. Il est donc bien en danger, le repas français, tout comme ceux qui produisent avec intégrité les produits destinés à remplir nos assiettes. Ces derniers sont menacés par tout un tas de choses pas nettes : le manque de temps, le manque de goût, le manque d’intérêt, le manque d’enthousiasme, le manque de continuité, le manque de transmission, le manque d’amitié, le manque de considération et parfois le manque de discernement, qui fait préférer un mauvais produit à un bon sous prétexte qu’il est moins cher.
Il convient désormais de choisir son camp, car si portefeuille est un collabo, la papille fait de la résistance.
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