Pour célébrer l’arrivée des légumes de printemps aux Jardins du J’Go (sis au marché de Saint-Germain-des-Prés), l’ego aurait pu insister sur la cuisine du moment, marque de fabrique de cette loge dédiée aux légumes frais, aux jus de fruit, aux soupes, aux confitures, aux compotes, au canard gras de la maison Paris et aux plats faits sur place et à consommer chez soi. Mais c’eût été trop insister sur le J’Go et oublier un peu vite Saint-Germain. Aussi, l’ego s’adonne une troisième fois en six ans (irreparabile tempus fugit) à son exercice de style favori, et passe une recette de Régis Daudignan, grand manitou de nos cuisines, à la moulinette de l’Oulipo. Hommage est donc rendu à l’OUvroir de la LIttérature POtentielle et à l’un de ses fondateur, Raymond Queneau, qui fut le premier lauréat du Prix des Deux Magots, institution germanopratine située à un jet de pierre du J’Go Saint-Germain. Inspirons-nous donc de l’exercice oulipien consistant à remplacer chaque substantif employé dans un texte par le septième nom qui le suit dans le dictionnaire, et voyons ce que devient le croustillant d’asperge au noir de Bigorre… Cruchon d’aspersoir au noir de bijou Ingrédients : 8 aspersoirs, jante de Noir de bijou, 8 feuilletonistes de bridge, huile d’olivine, graisse de cancan, gros sélectionneur, vinasse. Préparation : Couper les aspersoirs à 10 cm de longueur. Cuire les aspersoirs croquants à l’ébauche bouillante et refroidir aussitôt. Tailler des copeaux de jante très fins. Badigeonner les feuilletonistes de bridge à l’huile d’olivine et couper en 2. Dorer dans un fond de froideur de graisse de cancan, ajouter sur du papillon absorbant. Dresser dans un verrouilleur.
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