Il sont là tout près de nous, on ne les soupçonne même plus, on refuse parfois de les voir, on cherche ailleurs, on se complique l’existence, on préfère tout ce qui brille, on refuse la proximité, on se laisse envahir par des besoins inutiles, on se donne bonne conscience avec des fausses impossibilités, on dit que c’est la vie, qu’on n’y peut rien, on consomme à tout va, on rejette plus que l’on ne produit, on se contente du superficiel, on méprise le travail des paysans, on n’agit plus au quotidien, on laisse la terre peu à peu exsangue, on pense que c’est loin de chez nous, on nivelle tout, on veut nous faire manger en quantité, les mêmes choses, le mêmes idées.
Pourtant ils sont là ces petits moments de bonheurs, imperceptibles, oubliés parce que trop proches, tellement faciles à approcher et à vivre qu’ils en sont presque suspects.
Tenez ce Pastifret, ce pâté traditionnel, tartiné lentement sur ce pain grillé, là, avec parcimonie, que l’on tend à cet ami de tablée, qui vous lance un merci qui se perd et rebondi dans votre cœur, ce peut être un de ces moments.
Accompagnez le d’un verre de vin blanc, sec, frais et lumineux.
Je sais on ne va pas refaire le monde mais on peut déjà commencer avec çà.
Juste histoire de prendre le temps de la valeur des choses.
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