Marc Penavayre est un homme bon, un vigneron, des racines à la tête. Son domaine le Frontonnais, Vacquiers le lieu de maturation et de bonification de ses vins, Plaisance, Thibault, Tot co que cal.
Il m’avait donné rendez-vous à une heure où les âmes vagabondes de la nuit se croisent avec celles de l’aube, celle où les silences laissent parler les hommes et écoutent les histoires des vins. La pièce n’était pas très grande, la lumière blafarde et les cuves en équilibre et du temps tout autour.
-C’est ici où Thibault mûri, se peaufine. C’est ici où les canons se boivent, où l’histoire se fait. J’aime cet endroit. Ici, on regarde, on examine, on analyse. C’est très long, c’est une histoire de passions.
Si on veut faire de jolies choses, si on veut être bon, il faut l’être dans la culture de la vigne et pour cela il faut vivre avec la plante, à tous les instants pour avoir le raisin le plus pur possible. Après il faut être bon dans la partie transformation. L’avantage de notre métier, c’est que tu n’apprends qu’une fois par an, çà fait vingt ans que je suis vigneron, je n’ai appris que vingt fois. Finalement vingt ans ce n’est pas grand chose dans la vie d’une plante dont le cycle de vie peut frôler les cent ans.
J’ai encore beaucoup à apprendre. Je l’écoute et brusquement un long silence accompagne son regard qui caresse et écoute les cuves.
Il y a dans ses yeux comme l’inquiétude et l’interrogation d’un père à l’écoute d’un enfant dans le ventre de la vie. - J’ai fait le choix de ne travailler qu’avec des gens qui aiment le vin, ensuite leur métier, notamment leur métier de restaurateur, donc de caviste, c’est très important. Le relais que nous avons en restauration est fondamental.
L’identité c’est notre culture, on a été forgé comme çà, on est né comme çà, on ne va pas changer du jour au lendemain parce qu’un con a décidé dans un salon qu’il fallait faire çà ou çà… C’est vrai, les vignes ont du mal à pousser dans les salons.
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