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Tauromachie, l'exception française

Hier, après examen de l'Observatoire des cultures taurines, le ministère de la Culture a donné un avis favorable à l'inscription de la tauromachie à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France. Une date historique.

Il ne pleut pas sur Arles au moment ou Thomas Joubert, un gamin de Provence, devient le cinquante-quatrième matador de l'histoire de France parrainé par El Juli, le numéro un mondial de la spécialité. Il est un peu plus de dix-sept heures dans le vieux cirque romain, et depuis le début de l'après midi, les aficionados réunis pour le grand rendez-vous annuel de Pâques savent que « leur » tauromachie vient de changer d'ère. Hier, après examen du dossier de scientifiques présenté par l'Observatoire national des cultures taurines (créé ici même il y a trois ans), la commission réunie par le ministère de la Culture a donné un avis favorable à l'inscription de la tauromachie à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel de la France.

Après la présentation du président, l'ancien matador gersois, André Viard, et l'exposé de François Zumbielh (« nous avons donné un corps à cette exception culturelle… »), Michel Vauzelle, président du conseil régional PACA est venu officialiser, au nom des quatre présidents des régions taurines (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc Roussillon) mais d'abord de l'État français, le statut nouveau de la corrida. « Ce n'est pas mon habitude par les temps qui courent, mais je dois remercier le gouvernement français pour cette décision qui peut être qualifiée de courageuse… »

Dans son dossier, l'Observatoire a fait valoir que la corrida reflète un aspect significatif de l'histoire et du vécu de chacun des peuples qui l'ont en partage en Europe du sud mais aussi de l'autre côté de l'océan, en Amérique latine. À ce titre, elle participe des arts du spectacle vivant, des activités rituelles et festives, et constitue, en outre, le noyau de très nombreuses fêtes locales, sans parler de l'impact touristique et économique.

Bien sûr, les opposants aux arts de l'arène vont se mobiliser pour tenter d'apporter une réponse au lendemain de ce tournant historique, un tournant que nos voisins espagnols n'ont pas encore su prendre ! Dès hier, l'Alliance contre les corridas dénonçait vivement la décision du ministère de la Culture.

« Nous ne voulons pas exporter la tauromachie en Scandinavie ou je ne sais où, nous voulons juste avoir le droit de la garder chez nous », conclut Michel Vauzelle avant de « remater » par un « vive la liberté, vive la corrida, vice la République » qui n'est pas près de s'effacer sous les voûtes millénaires de l'amphithéâtre arlésien.

Propos recueillis par Philippe Rioux (La Dépêche du Midi)


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