Les souvenirs d’enfance arrivent sans prévenir, souvent sans savoir pourquoi, parfois dissimulés dans un livre, une image, une senteur, une saveur ou un silence. Tout y passe : les courses de patins à roulette, les préaux d’une école, les regards d’une mère, les repas dans la cuisine, les paroles d’un père, les goûters impatients, les copains indélébiles, les punitions injustes, les mensonges à trois balle, les ballons destructeurs, les complicités fraternelles et mille éclats de mémoire. Pourtant parmi tous les déclencheurs des rêves en sommeil, la nourriture reste la plus fulgurante. Chacun sa madeleine, chaque saison la sienne. Moi ce sont les lentilles qui en hiver m’habillent de nouveau en culottes courtes, un cartable sur le dos et qui accompagnent les colères de ma mère face à mon refus de les manger. Aujourd’hui je serai même prêt à les trier pour en manger, alors quand au J’GO elles sont au menu et qu’elles se laissent accompagner de gésiers confits, c’est les yeux fermés, la bouche grande ouverte et l’esprit vagabond que je me laisse tenter.
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